Jeudi, février 3rd, 2011...21:10
Trois lettres…
Et quelles lettres ! Celles tant attendues, prix de sacrifices et d’effort, de travail. Espoir insensé, parfois si proche, pourtant si loin.
Je les ai posées sur la dernière page, symbolique, du premier jet de mon second roman ce 31 janvier 2011. Quelle délivrance ! Au bout de quatorze mois d’écriture, ce parcours s’est achevé, avec le même mélange d’excitation, de satisfaction et de soulagement, qu’ont probablement éprouvé, toutes proportions gardées, les pionniers partis à la conquête de l’Ouest en contemplant pour la première fois la côte Pacifique du continent américain.
Au bout de quatorze mois… Plus j’avançais, et plus je doutais de ma capacité à véritablement conclure, à pouvoir arriver au terme du voyage que j’avais envisagé au départ. Pire, j’avais perdu, j’ai perdu, la conscience du tout, la vision globale de l’oeuvre. Par bribes, en grandes lignes, je me souviens de ce que j’avais voulu écrire il y a six mois, dix mois, un an, sans me souvenir des détails.
J’ai donné corps à l’oeuvre en l’imprimant pour la première fois. Pour la première fois, elle a acquis une réalité, elle est devenue tangible, palpable. La voir autrement qu’à travers un écran, la toucher avec les doigts autrement que par l’interface d’un clavier, est un moment rare, magique.
Il marque aussi le départ d’une nouvelle aventure, parce que désormais chaque pas en appelle un nouveau. Je vais laisser de côté quelques semaines, quelques mois, ce deuxième roman, pour mieux me replonger dans le premier, que je dois retravailler d’ici fin avril – début mai, avant de le renvoyer à mon éditeur… pour suite à donner.
Il sera temps, plus tard, de se replonger dans le deuxième, de lire en quelques heures le fruit de ces quatorze mois, d’en mesurer plus précisément les imperfections, les manques, et les réussites – parce qu’il en comporte malgré tout, et de le corriger avant de l’envoyer à son tour, comme une bouteille à la mer, vers une poignée d’éditeurs…
Mais avant cela, il faut profiter de l’instant présent, de ce mot ”FIN” qui incarne tout et son contraire, une étape importante, mais simplement une étape. Les autres courses, les autres espoirs, les autres souffrances, viendront plus tard, en leur temps.




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