Samedi, avril 21st, 2012...13:52

Confidences sur cinq années passées

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Les cinq années qui viennent de s’écouler n’ont pas pour moi la même résonance que pour la quasi-totalité des gens, des Français au moins. Ce n’est pas tant tout ce qui s’est passé entre deux campagnes qui m’a personnellement marqué. Confidences sur le début d’une histoire dont vous ne connaissez que le présent et le passé le plus récent.

8 avril 2007

La journée est importante pour moi. Un examen professionnel, déterminant pour la suite de ma carrière. La veille encore, tout allait bien. J’étais prêt. Et dans la nuit, de violentes douleurs me réveillent. Mon coude gauche enfle. A cinq heures du matin, au moment de partir, il faut se rendre à l’évidence : il sera impossible de tenir un stylo pendant sept heures d’épreuves consécutives. Je renonce.

Depuis longtemps, je ne crois pas au hasard, ni aux coïncidences. Depuis longtemps, j’ai l’envie d’écrire un roman avant mes trente ans. Les deux premières tentatives, en 2003 et en 2005 ont échoué aux alentours de la cinquantième page. Je suis sur le point d’avoir 28 ans : il ne reste plus beaucoup de temps. Ce problème de santé – resté unique – est un signe : c’est maintenant qu’il faut faire la troisième tentative, maintenant qu’il faut infléchir mon avenir vers l’écriture. Quelle autre signification ce coup du sort peut-il avoir ?

Décembre 2007

Dans les mois qui suivent ce problème, je me documente sur l’art et la manière d’écrire un roman. Je prépare mon terrain. Je sais où je vais. Et avec la peur, avec le doute, avec le manque d’assurance, je me lance, en limitant mes ambitions sur l’ampleur et la complexité de l’intrigue. J’apprends sur le tas, seul, la souffrance et les tourments que l’écrivain s’impose.

Mai 2008

Ce matin-là, il ne me reste, dans mon programme de travail, que cinq ou six chapitres à écrire. “Aujourd’hui, je le termine”, me dis-je. Huit heures plus tard, j’ai tapé 80 pages (le roman en compte 288), écrit près d’une dizaine de chapitres, mes personnages m’ont même pris par la main pour me souffler des situations que je n’envisageais pas en me levant. Le premier jet est terminé. Mission accomplie.

Juin 2008

Je suis incapable de relire mon roman (cette phase durera trois mois), et après correction des fautes les plus grossières, je commence à l’envoyer à plusieurs éditeurs. Dans le même temps, alors que les cours du pétrole et les prix à la pompe s’envolent, l’expression “Un dollar le baril” surgit brutalement et commence à m’obséder. Je tiens le titre de mon deuxième roman ! A cet instant, je suis persuadé qu’il va changer ma vie. Il me reste “juste” à l’écrire…

Novembre 2009

Mon premier roman n’a toujours pas trouvé preneur, en dépit de lettres de refus motivées très encourageantes. Je ne suis pas très loin de la vingtaine d’insuccès. J’ai passé l’année et demie qui vient de s’écouler en lectures autour du thème d’Un dollar le baril, de recherches, de construction de mon plan de travail. Je commence son écriture. Si le premier n’est pas édité, ce sera celui-ci.

Janvier 2010

Je me laisse convaincre d’entamer une chronique mensuelle sur Chermedia.com, mon retour sur Internet après 8 années d’absence. Elle permettra de suivre pas à pas l’aventure du deuxième roman, l’écriture et la suite. Elle se poursuit et compte désormais 26 chapitres.

Avril 2010

J’ai renoncé à voir mon premier roman édité, je me concentre sur l’écriture du deuxième. Ma femme, elle, continue de temps à autre à prospecter, et à m’inciter à l’envoyer. C’est à ce moment-là que les éditions La Bouinotte lancent une collection de polars se déroulant en Berry. Si eux ne m’éditent pas, personne ne le fera.

1er octobre 2010

Je peine à écrire “Un dollar le baril”. Déjà dix mois pleins… Ce jour-là, je reçois un courriel : mon premier roman est pris, sous réserve de modifications. Tu avais raison, ma chérie. Rendez-vous est pris pour fin décembre.

18 novembre 2010

C’est décidé, je reviens sur Internet de façon durable et sur mon propre espace, à la faveur de l’ouverture de la plate-forme de blogs de Livre au Centre. “De l’autre côté du livre” (je reprends le titre de ma chronique sur Chermedia) naît. Je ne sais pas si le contenu intéressera, si j’arriverais à le nourrir régulièrement. J’ai des doutes : est-ce que les tribulations d’un jeune écrivain inconnu, sa façon de créer peuvent susciter la curiosité des lecteurs ?

22 décembre 2010

Ce que j’appelle alors le premier jour du reste de ma vie, ma première rencontre avec mon futur éditeur, est une relative déception. Pas de contrat signé, pas de parution avant le printemps 2012. Pour les modifications, j’ai carte blanche. J’attaquerai dès le premier jet d’Un dollar le baril terminé.

31 janvier 2011

Je termine le premier jet de mon deuxième roman, 14 mois après le début. Un mois pour souffler, et j’attaque la réécriture de mon premier, de façon à pouvoir le rendre à mon éditeur au plus tard en juin. Je vais enfin pouvoir lui donner l’ampleur dont je ne me sentais capable au départ.

11 avril 2011

Les drames nippons du 11 mars 2011 et des jours suivants m’interpellent. Je pose le billet intitulé Trois cœurs en fusion. Tout comme pour Un dollar le baril, l’idée ne me quittera plus. Les prémices du prochain roman se mettent en place.

11 mai 2011

La réécriture du premier roman est terminée, et elle fut considérable. Je l’envoie à mon éditeur, et je relis ensuite pour la première fois Un dollar le baril. A traîner en longueur, son écriture m’a fait perdre la conscience de l’œuvre en tant qu’ensemble. Je suis convaincu que j’ai réussi mon pari. Encore quelques semaines et quelques corrections, et il prend le chemin des éditeurs.

8 juillet 2011

Mon premier roman, réécrit, séduit l’éditeur : la date de sortie est avancée de neuf mois. Ce sera mi-octobre. Gros choc, en ce qui me concerne. Octobre sera là très vite.

15 octobre 2011

La première séance de dédicace pour l’Affaire des Jumeaux de Bourges est mémorable. Débuts difficiles. J’ai reçu mes premiers refus pour Un dollar le baril, je renvoie une salve de manuscrits dans la foulée. Pour tromper l’attente, jusqu’à la fin de l’année, dédicaces et salons locaux s’enchaînent, heureusement avec plus de succès.

Avril 2012

Je fête le premier anniversaire de ma participation aux Vases Communicants. Des manuscrits d’Un dollar le baril envoyés en octobre, je n’ai reçu qu’un seul refus. J’attends les autres réponses. La première impression du premier roman est sur le point d’être épuisée. Le blog est de plus en plus apprécié, après un an et demi d’existence, ce qui m’incite aussi à maintenir un certain niveau d’exigence quant à mes billets…

Et pour les cinq prochaines années…

Remettre en perspective les cinq dernières années permet de mesurer le chemin parcouru, les efforts consentis, les sacrifices. Être (ou devenir) écrivain n’est pas uniquement une question de plaisir. A un moment où, pour les cinq années qui viennent, d’autres rivalisent de promesses plus ou moins extravagantes, je ne peux pas, moi, vous présenter de programme.

Je reste persuadé qu’Un dollar le baril est le livre qui changera ma vie. Il ne paraîtra sans doute qu’en 2013 au mieux, je ne sais pas encore avec quel éditeur. La prédiction ne s’est pas encore réalisée. Je vais écrire Trois cœurs en fusion, un roman plus resserré, très loin du genre policier ou du thriller international, bientôt sans doute. Tout le reste est un vaste ensemble de grandes inconnues. La seule chose dont je sois sûr : je poursuivrai ce blog, ces billets, pour vous autant que pour moi.



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